Agence du Burkina Faso
I - Présentation
Fondée le 27 mai 1964, l'Agence d'Information du Burkina (AIB) fait aujourd'hui partie intégrante du groupe de presse « Les Editions Sidwaya », établissement public de l'état créé le 11 septembre 1999.
L'Agence d'Information du Burkina (AIB) dénommée alors Agence Voltaïque de Presse (AVP) avant la révolution d'août 1983 a été jusqu'en 1977 un simple service du ministère de l'Information. Il fallut attendre le 28 décembre 1981 pour que l'AIB réussisse avec l'apport d'un personnel qui est passé de 5 à 31 personnes à récupérer le Bulletin Quotidien (BQ) qui jusque-là encore était resté aux du Service de l'information dont elle venait de se séparer. A l'instar des autres agences de presse publiques africaines, l'AIB a été créée avec pour objectifs majeurs de promouvoir la circulation rapide des nouvelles au sein du pays, de réduire l'écart en matière d'information entre villes et campagnes et de donner enfin une image objective du Burkina à l'étranger.
II- Etat des lieux
Depuis sa création en 1964 jusqu'à l'avènement de la révolution en août 1983, l'agence avait pour principale tâche de réceptionner le fil de l'Agence France Presse (AFP), de le distribuer et de produire un Bulletin quotidien dont le tirage était manuel à l'aide de la machine à ronéotyper. A partir des années 1984, l'AIB a signé des accords de coopération avec d'autres agences telles que Tass (ex URSS), DPA ( en Allemagne), l'Agence Reuters, l'Agence Chine nouvelle, Princia Latina, Algérie Presse Service (APS/Alg) et la PANA. Ces accords de coopération ont permis à l'AIB de se doter de matériels de réception de type nouveau.
La signature en 1986 d'un accord de coopération avec le Centre de développement des agences de presse de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (WANAD), un projet de l'UNESCO permettra à l'AIB d'acquérir un diffuseur et des ordinateurs ainsi que des logiciels lui permettant de distribuer les informations grâce aux nouveaux outils informatiques.
L'accord avec WANAD a également permis de doter l'AIB en moyens logistiques (véhicules, motos), d'un groupe électrogène et d'une machine à tirer « Rex Rotary ». Ces équipements ont allégé le travail de confection du Bulletin quotidien. Outre la logistique, WANAD a offert une vingtaine de stages de formation aux journalistes et aux techniciens de l'Agence.
En 1998, sur budget national, l'AIB s'est dotée d'ordinateurs, d'imprimantes, d'onduleurs, d'un scanner en vue d'assurer d'une part, la distribution des informations aux abonnés et permettre d'autre part, la confection rapide du Bulletin quotidien.
Premier organe à être informatisé au Burkina, l'AIB est sur le Net depuis avril 1997. Et depuis l'an 2000, l'AIB a reçu un serveur permettant d'avoir en permanence le Net. L'acquisition de ce serveur a rendu autonome l'AIB quant à l'actualisation et la gestion de son site web. Aujourd'hui, le parc informatique de l'AIB, acquis depuis 1998 a vieilli et ne répond plus aux exigences des technologies de l'informations et de la communication (TIC). En effet :la capacité des disques durs est très faible (4 Go) alors que la norme aujourd'hui tourne autour de 120 Go. Le poste de travail qui permet d'actualiser le site web est d'une capacité de 6 Go alors que pour un bon archivage, il aurait fallu un minimum de 60 Go ou même 120 Go. Les processeurs sont très lents (120 Mhz). Actuellement pour pouvoir répondre aux exigences des TIC, il faut au minimum 2Ghz.
La panne du groupe électrogène intervenue en 1996 a engendré une vie courte des onduleurs qui ne fonctionnent plus actuellement.
Au point de la collecte de l'information l'AIB dispose actuellement de huit journalistes au total et trois techniciens à son siège de Ouagadougou et de 51correspondants de presse à travers le pays. Si les journalistes au niveau du siège sont tous des professionnels, la majorité des correspondants de presse (82%) au niveau des provinces sont des bénévoles venant essentiellement de l'enseignement et de l'administration générale. Ceux-ci sont rémunéré à la tâche.
Excepté Bobo Dioulasso (la capitale économique) qui envoie les informations et les images par le Net, les autres localités assurent la transmission des nouvelles au siège par le biais des télécommunications (téléphone, fax) et grâce aux compagnies de transport routier reliant l'intérieur du pays sous forme de courrier.
Les informations envoyées par téléphone sont enregistrées grâce à un magnétophone à cassette et sont transcrites manuellement. Elles sont ensuite corrigées, après saisie sur ordinateur par les éditeurs avant d'être publiées. Mais la qualité du son enregistré rend souvent la tâche de transcription très ardue.
Dotés d'un minimum d'équipement, les correspondants de presse des grands centres du pays envoient de plus en plus leurs dépêches par Internet. Les dépêches envoyées ainsi que les photos sont réceptionnées dans la boîte mails de l'AIB pour exploitation.
III: - Perspectives
Dans le souci de promouvoir une meilleure intégration et les rapprochements entre les différentes communautés vivant au Burkina voire au delà, de même que dans le but de tente depuis quelque mois de relancer ses activités en mettant l'accent sur les TIC.
Les principales actions qui sont en train d'être mises en œuvre sont l'équipement en ordinateurs et en matériels numériques son et image pour l'enregistrement, la transcription et le traitement des photos. L'acquisition de matériel pour l'enregistrement, la transcription et le traitement des photos. L'acquisition de matériel informatique permettra d'obtenir déjà sur ordinateur les articles d presse des correspondants, ce qui facilitera la centralisation des informations et leur transmission aux différents organes de presse écrit. L'équipement de l'AIB en matériel numérique pour le son et l'image est un impératif en raison du flux de l'information provinciale de plus en plus abondante et intéressante dans cette période de décentralisation de l'administration et de responsabilisation des citoyens. Cela permettra de rendre les nouvelles provinciales accessibles et de qualité à un grand nombre d'abonnés car, n'oublions pas que dans un environnement peu alphabétisé où l'oralité est de mise, l'image et le son sont de puissants alliés pour communiquer.
Dans le cadre de l'animation de son site web, l'AIB compte se doter les services d'un informaticien professionnel pour la gestion de son site web.
Pour répondre aux exigences des technologies de l'information et de la communication (TIC), l'AIB envisage :
Au niveau du siège :
*Acquérir de nouveaux postes de travail performants dont un ordinateur de 120 Go de disque dur afin d'avoir un bon archivage.
*Acquérir un matériel audio numérique pour améliorer la qualité du son en vue de distribuer aux différentes radios de la place.
*Des appareils photos numériques pour permettre l'exploitation efficiente des photos et leur archivage.
Au niveau des régions :
*Chaque correspondant doit disposer d'une ligne téléphonique, d'un micro ordinateur et accessoires et d'un appareil photo numérique.
*Il doit être doté d'un magnétophone pour réceptionner le son.
Conclusion
Les différentes propositions visent d'une part un meilleur rendement des correspondants provinciaux de presse, augmenter les recettes et d'autre part une meilleure visibilité de l'AIB à travers l'Afrique et le monde.
A long terme, l'AIB envisage l'acquisition d'une unité de reportage TV. L'introduction de reportages télévisuels s'avère nécessaire aujourd'hui parce qu'une agence doit s'occuper non seulement de presse écrite, de radio, mais également de télévision, si elle veut vendre ses produits à des clients dont le public est de plus en plus exigeant sur la qualité de l'information mais désireux de se voire.
Nous remarquerons enfin que la notion d'agence nationale prend une dimension réductrice. Notre monde connaît aujourd'hui une interdépendance qui ne cesse de s'accentuer du fait de l'Internet. Jadis confinées dans des frontières étriquées, les agences nationale de presse participent aujourd'hui , bon an mal an, à l'élargissement des possibilités sur les problèmes et les aspirations de la communauté nationale et mondiale et l'agence du Burkina compte apporter sa pierre pour défendre la liberté, la démocratie et la solidarité entre les peuples et les nations.
Je vous remercie