L'Agence de Presse Sénégalaise : Etat des lieux, objectif et stratégie
Etablissement public à caractère industriel et commercial, l'Agence de presse sénégalaise (APS) a informatisé son système de transmission des dépêches depuis 1989, mais c'est en 1997 qu'elle s'est dotée d'une infrastructure d'accès à Internet logée à la Primature , le siége du Premier ministre. Cela dura jusqu'en 2003 et ainsi l'APS, devenue plus facile d'accès, a pu mieux se faire connaître et reprendre par l'ensemble de la presse nationale et internationale.
Toutefois, c'est en juin 2003 que l'agence a pu disposer d'un site Web autonome (www.aps.sn) lequel a été amélioré en août 2004 et est de mise depuis lors. Conçu sous mysql et d'un proxy qui fonctionne sous lunix, le site est une liaison spéciale de 256 bits avec une nouvelle configuration qui ne prend en charge que le réseau local de la direction composé de 23 ordinateurs.
La direction est le nom générique du siége de Dakar qui comprend la rédaction (la salle des journalistes, des chefs de desk et du rédacteur en chef), le bureau du directeur, le secrétariat du directeur, la comptabilité et son secrétariat et les ressources humaines, le service commercial, celui du marketing et enfin le service technique. La rédaction que je connais le mieux à neuf ordinateurs qui sont à la disposition de la dizaine de journaliste -- ils se relaient par brigades à raison de cinq par équipe – plus les deux ordinateurs des deux chefs de desk, qui dirigent chacun une équipe de journaliste, et celui du rédacteur en chef.
Il y a ensuite le cybercafé de l'APS. Ouvert le 19 septembre 2004 et domicilié au rez-de-chaussée de l'agence, il comporte 15 ordinateurs, plus trois cabines téléphoniques et une photocopieuse. Les clients qui ne cessent d'affluer, au point que l'agence a été obligée d'instituer des permanences durant le samedi et les jours fériés, peuvent également se faire saisir leurs textes et messages par le personnel chargé de la gestion du cybercafé.
L'expérience des cybercafés est appelée à faire tache d'huile dans les bureaux régionaux de l'APS dont deux, Kaolack et Louga, ont été réhabilités à cette fin avec l'érection de bâtiments neufs. Pour le moment, les chefs de bureaux régionaux ne disposent pas d'ordinateurs, mais le site web de l'APS a été conçu de sorte qu'ils peuvent à partir de là où ils se trouvent se connecter à l'intranet et y déposer leurs articles à corriger avant leur mise en ligne.
Très avant-gardiste, le site de l'APS permet également aux responsables, le rédacteur en chef ou les chefs de desk, de balancer directement leurs articles dans le site, à partir de n'importe quelle partie monde. Bien sûr, à la condition qu'ils disposent d'une connexion.
Dans le même temps, il leur est loisible d'intervenir, à tout moment et en tout lieu, dans le site pour en cas de besoin corriger certains articles.
En tant qu'organe de presse spécialisé dans la diffusion à feu continu de dépêches--cette vocation a amené les responsables à instituer des horaires de travail démarrant journellement de 9h à 22h voire 23h, si tant est qu'il y a encore une information à mettre en ligne -, l'Agence de presse sénégalaise vise évidemment, à travers le perfectionnement de son outil informatique, une transmission rapide et limpide de son fil. La consultation du livre d'or du site permet de croire qu'une grande partie de cette préoccupation majeure a été atteinte, au vu des témoignages des internautes qui viennent d'Afrique, d'Europe, des Etats-Unis, d'Australie, etc.
Hormis l'amélioration du travail de la rédaction qui reste la vitrine de l'agence, les autres services comme la comptabilité, le secrétariat, le service commercial et les ressources humaines profitent également de l'outil informatique. C'est notamment le cas de la comptabilité de l'agence. Non seulement l'outil informatique lui a permis de se mettre aux normes du système SYSCOA, mais aussi d'aller plus vite dans la confection et la présentation du budget de l'agence au Conseil d'administration. Fait nouveau, la comptabilité a apuré ses retards de présentation du budget et est maintenant à jour à ce sujet. A la grande satisfaction du conseil d'administration qui ne planche plus sur un budget déjà exécuté.
L'autre objectif poursuivi via l'outil informatique demeure la redynamisation du service commercial de l'agence et la commercialisation de photos auprès des clients, à qui il ne sera plus proposé que des dépêches. Les prévisions arrêtées à ce sujet pour l'exercice 2006 font état d'un chiffre d'affaires de 18.000.000 de FCFA, si on cumule les recettes tirées de la vente de photos et l'affiche de publicités sur le site de l'Agence de presse sénégalaise.
Le but ultime de toue cela est de permettre à l'agence de générer ses propres ressources pour pouvoir financer certaines de ses activité, même s'il est convenu qu'elle ne peut en aucune manière se passer de l'assistance de l'Etat. Prôner cela relève d'une chimère, car des agences plus fortes et plus représentatives que l'APS continuent de bénéficier pour une très large part de l'appui de la puissance publique.
En tout les cas, l'Etat sénégalais ne regrette pas l'appui conséquent qu'il prodigue à l'APS et au change il a tout lieu de se féliciter du travail de l'agence qui reste un de ses meilleurs outil de service public, en matière d'information. En effet, l'APS qui est au service de l'Etat et non du parti au pouvoir, contribue beaucoup à la vulgarisation des politiques étatiques, en sus de son travail quotidien de collecte, de traitement et de diffusion de l'information plurielle. Est-il besoin de dire, l'APS fonctionne comme généralement tous les organes de presse au Sénégal et ne connaît aucune immixtion du ministère de tutelle voire es autres autorités dans le travail de ses journalistes.
Dans l'esprit de la direction comme dans celui du personnel, il s'agit de poursuivre sur cette lancée en améliorant les acquis qui ont fait de l'APS l'agence leader dans la sous-région ouest africaine, selon une enquête effectuée l'année dernière par BDA à la demande de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie auprès des radios, télévision et journaux du Burkina Faso, du Bénin, de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.
C'est dans ce cadre que la direction compte mettre l'accent cette année sur les régions avec la poursuite de la réhabilitation du siège des bureaux régionaux et l'ouverture d'un bureau à Matam, la 11 ème région du Sénégal en vue de quadriller complètement le pays et de permettre aux abonnées du fil de mieux être informés de la vie des régions. A ce propos, une large partie de l'enveloppe de 57 millions attendue de l'Etat au titre du complément du programme triennal d'investissement ira aux régions.
En définitive l'objectif de la nouvelle direction de l'APS, en place depuis octobre 2000, est de faire de l'agence nationale un organe de presse digne de son rang et de son statut.
Pour ce faire, un programme de développement de l'APS demandé par le chef de l'Etat a été élaboré et remis à qui de droit. Dans ses grandes lignes, le document rédigé suite à un séminaire interne veut une agence qui fonctionne 24h sur 24 avec des correspondants dans la sous région, en Europe et aux Etats-Unis un service plurilingue (français, anglais, arabe et wolof), et des desks spécialisés
Cheikh Tidiane Ndiaye, Rédacteur en chef de l'APS.